Des nouvelles de notre ruche!

 

JUILLET

Que se passe-t-il dans notre ruche ?
Les premiers jours du mois de juillet suivent le même rythme que juin, avec une activité très dense. Les butineuses s’en vont et viennent à la ruche, les pattes toujours chargées du précieux nectar et travaillent entre 12h et 15h par jour. Leur durée de vie à cette période est d’ailleurs plus courte puis qu’une abeille vit en moyenne 6 semaines durant l’été contre 5 à 6 mois durant l’automne où l’activité est plus ralentie.
Arrivée à la mi-juillet, sur certains territoires, les floraisons s’achèvent et signent le début du manque de ressources (eau et nourritures) au sein de la colonie.
 

Zoom sur …la production de miel
Tout commence dans un champ de fleurs où l’ouvrière aspire le nectar de la fleur qu’elle conserve dans son jabot et rapporte à la ruche. Elle le transmet ensuite à une autre abeille, de la bouche à la bouche (c’est ce que l’on nomme la trophallaxie).
Les ouvrières ingurgitent et régurgitent le nectar divisant ainsi le saccharose du nectar et créant deux sucres distincts le fructose et le glucose.
Le nectar est ensuite déposé dans les alvéoles de cire des rayons. Les abeilles l’éventent avec leurs ailes jusqu’à ce que la majeure partie de son eau s’évapore grâce à la chaleur dans la ruche, avoisinant les 35°.
C’est cette déshydratation qui va permettre la conservation du miel dans le temps. Une fois tout ce travail réalisé, le miel est conservé en réserve dans des alvéoles de cire qui sont alors operculées, c'est-à-dire fermées par un capuchon de cire.

 

Ecoutez les abeilles sur cette vidéo: https://youtu.be/ExvPMC1IF6U

 

AOÛT

En Août, la récolte de miel a probablement été faite, ou va s'opérer sous peu. L'apiculteur, muni de son enfumoir et du lève-cadre, va pouvoir récupérer le précieux nectar que les abeilles ont récolté, transformé en miel et conditionné dans les alvéoles qu'elles ont operculé avec un bouchon de cire.
L'enfumoir et le lève-cadres sont deux outils indispensables pour récolter le miel.

  • L'enfumoir : on y fait brûler de l'herbe sèche, des aiguilles de pins ou autres brindilles sèches, qui vont se consumer et produire de la fumée.

Cette fumée donne l'impression d'un incendie « fictif » qui place les abeilles en position de survie. Elles se gorgent alors de miel ce qui les rend plus dociles et permet à l'apiculteur de travailler en sécurité.

  • Le lève cadre : Sorte de spatule rigide, permet d'effectuer des opérations diverses et variées lors de la récolte (ouverture de la ruche, sortie des cadres, grattage de la cire etc…)

Le mois d'août sonne également la fin des floraisons et par conséquent des ressources abondantes pour les abeilles. Le desséchement des sols réduit de manière conséquente les productions de nectars. Le manque de floraisons, associé à la récolte qui vient de s'opérer dans la ruche, va contraindre la colonie à revoir son organisation interne.

Zoom sur …
Le départ des mâles
Tout le monde se souvient des bancs de l'école où jadis on récitait la fameuse Fable de La Fontaine, « La Cigale et la Fourmi »
« La Cigale ayant chanté tout l'été, se trouva fort dépourvue, quand la bise fut venue… »
A la fin de l'été, lorsque les réserves se font un peu plus rares, les abeilles vont se séparer des mâles, communément appelés les « faux-bourdons » qui n'ont pas de fonction attitrée au sein de la ruche. Ces derniers n'ont qu'un rôle de reproducteur durant le vol de fécondation de la reine. Passé ce vol, ils n'ont plus de rôle réel et sont une bouche à nourrir supplémentaire… Ils sont alors expulsés de la ruche.

De son côté, l'apiculteur …

L'apiculteur, de son côté, une fois les hausses récoltées va pouvoir extraire le miel dans sa Miellerie et procéder à la mise en pot. Le miel extrait à froid est naturellement liquide lors de la mise en pot. C'est ensuite que survient le phénomène de cristallisation, phénomène naturel et complexe qui intervient à différentes vitesses, mais qui demeure inévitable.

Le Saviez – vous ?

La bruyère est une plante qui fait de la résistance. Alors que la plupart des floraisons cessent à la mi-août, la bruyère callune, ou « Calluna vulgaris » peut prolonger sa floraison jusqu'en septembre. La bruyère callune est une plante d'Europe, Afrique du Nord et Asie Mineure.
Les bruyères poussent surtout dans les sols siliceux. Ce sont tantôt des arbrisseaux ou des sous-arbrisseaux, tantôt de véritables arbustes. Disposées en grappes, les fleurs sont le plus souvent roses, parfois blanches ou verdâtres.

 

SEPTEMBRE

Septembre est une période cruciale pour la ruche. La colonie va devoir s'adapter à une saison bien plus rude. Les arbres perdent leurs feuilles. La durée des jours diminue et sonne l'arrivée de l'Equinoxe.
Le temps est moins favorables (pluie, vent, temps froid…)
La ponte de la reine a fortement diminué, et avec elle la surface des couvains. La vie dans la ruche s'en trouve totalement modifiée. Les larves vont se nourrir davantage et les abeilles naître beaucoup plus lourdes qu'au printemps. On les nomme les Abeilles d'Hiver.

Zoom sur …

L'Abeille d'Hiver
Cette dernière voit le jour en période de froid. Elle va devoir ainsi survivre beaucoup plus longtemps que l'abeille dite d'été. Quand celle d'été ne vit en moyenne que quelques semaines (3 ou 4 semaines en moyenne), l'Abeille d'hiver va devoir survivre plusieurs mois, jusqu'au printemps (entre 5 et 6 mois).
Elle doit donc réaliser d'énormes réserves corporelles pour survivre à la période hivernale. Ces abeilles se gorgent de protéines, glucides et lipides. Ces réserves leurs sont essentielles pour que la ruche puisse passer l'hiver sans trop d'encombre.

De son côté, l'apiculteur …
En septembre, pas de repos pour les apiculteurs, qui rentrent dans une des 2 périodes les plus chargées de la saison. L'activité apicole s'accroit avec notamment la préparation des colonies pour l'hivernage, l'extraction et la mise en pots du miel...
L'apiculteur va mettre les ruches en hivernage. Il vérifie que les ruches ont suffisamment de réserves et les met à l'abri des prédateurs (souris, mésange etc…).
Dans le cas de ruches trop faibles, c'est-à-dire qui ne se sont pas constituées assez de provisions pour passer l'hiver, l'apiculteur va procéder à des mises en réunion. C'est-à-dire qu'il va disperser les abeilles de la ruche au sein d'autres ruches plus fortes.
Septembre est également l'une des périodes d'extraction du miel pour nos apiculteurs.
Les cadres sont ramenées dans la Miellerie pour être tout d'abord désoperculés à l'aide du couteau à désoperculer. Grâce à ce couteau, l'apiculteur retire le petit capuchon de cire de chaque alvéole gorgée de miel. Le cadre est alors placé dans un extracteur qui fonctionne sur le même principe que le panier à salade : la force centrifuge fait sortir le miel des alvéoles désoperculées. L'extracteur est donc un grand panier d'inox qui tourne sur lui-même à l'intérieur d'un tonneau. Il peut être manuel ou électrique. Lors de l'extraction, le miel s'écoule le long de la paroi de l'extracteur pour être filtré puis mis en pot avant qu'il ne cristallise.

Le Saviez – vous?
La colonie hiverne normalement à l'emplacement du dernier couvain sur des rayons vides afin de pouvoir se former en grappe d'hivernage dans de bonnes conditions.

Un peu de poésie … La citation du mois!
« Une poignée d'abeilles vaut mieux qu'un sac de mouches. » Proverbe arabe.

 

OCTOBRE

Que se passe-t-il dans la ruche ?
Il fait encore doux et les abeilles sortent un peu mais ne récolte plus grand-chose. Les floraisons se font de plus en plus rares, mais il reste encore quelques fleurs tenaces pour provisionner les ruches (lierre, moutarde, phacélie…). Merci à la Nature qui tient bon malgré une saison qui a particulièrement perturbé nos floraisons. Trop doux en hiver, puis trop pluvieux, et enfin trop sec…

On va entrer peu à peu dans une période où les abeilles vont ralentir doucement leur activité pour économiser leur énergie pour la période froide.

On espère que l’hiver cette année ne sera pas trop doux, car il est impératif pour l’équilibre de la colonie que les abeilles ralentissent de manière significative leur activité pour ne pas surconsommer leurs réserves.

La Reine, durant cette période va ralentir puis suspendre sa ponte pour diminuer la population d’abeilles au sein de la colonie. Bientôt, les abeilles viendront se regrouper en « grappe » autour du couvain pour conserver la chaleur au sein de la ruche durant l’hiver.

Nous n’y sommes pas encore car pour l’instant il fait encore bien doux.

Zoom sur …
L'hivernage
Nous l’avons dit plus haut c’est une étape importante dans la vie de la colonie. Les abeilles se regroupent en grappe pour se tenir chaud et la Reine arrête de pondre des œufs pour diminuer la population au sein de la ruche. L’activité est considérablement réduite pour éviter de consommer toutes les réserves faites durant la miellée d’automne. Ces réserves doivent permettre à l’essaim de s’alimenter durant l’hiver. L’un des gros problèmes rencontrés sur la saison passée a été justement l’hiver trop doux qui n’a pas permis un bon hivernage. Les abeilles ont continué à être actives et donc à puiser sur leurs réserves.

De son côté, l'apiculteur …
Pour l'apiculteur la récolte vient tout juste de s’achever. Le gros travail maintenant va consister à préparer les ruches pour l’hivernage. Déjà les entrées des ruches sont diminuées pour limiter les entrées et sorties des abeilles. Cela permet aussi d’éviter toute intrusion de prédateurs extérieurs comme le frelon asiatique ou encore les souris…

Il faut aussi s’assurer que les ruches sont en bon état pour passer l’hiver. L’humidité est l’ennemi des abeilles, les ruches doivent être étanches. Il faut éviter impérativement les trous éventuels ou autres facteurs qui pourraient perturber l’essaim. L’apiculteur profite des quelques journées aux températures favorables pour aller inspecter les ruches. Il retire les cadres inutiles, s'assure qu'il y a assez de réserves dans la ruche. L'apiculteur, pendant cette période, en profite aussi pour terminer la mise en pot du miel fraichement récolté et lancer sa commercialisation.

Le Saviez – vous ?
Pour affronter l'hiver, les apiculteurs estiment qu'une ruche « en bonne santé », c'est-à-dire suffisamment chargée en ressources naturelles pour assurer l'hivernage, doit contenir au minimum entre 15 et 20kg de miel.
En dessous de ce niveau, la ruche est considérée comme « en péril », elle ne passera pas l'hiver.

 

NOVEMBRE

Que se passe-t-il dans la ruche ?

Cela fait deux semaines déjà que les températures ont commencé à chuter. Nous allons rentrer dans la période froide. Dans certaines régions, novembre est même annonciateur des premières gelées. C’est encore un peu tôt mais les prévisions météos pour la 2nde période de novembre nous annoncent des températures clairement inférieures.

C'est une période très calme pour les abeilles qui entrent concrètement en période d'hivernage. L'activité sur la planche d'envol est très limitée, voire inexistante. On espère pour nos abeilles qu’il fera, cette fois-ci, suffisamment froid pour maintenir les abeilles au chaud et en activité réduite au sein des ruches. Souvenez-vous, l’une des raisons expliquant les colonies fragilisées de l’an passé a été la météo trop clémente qui n’a pas permis un bel hivernage. Les abeilles ont continué à sortir de la ruche et donc à consommer les réserves, sans trouver pour autant en retour suffisamment de nectar ou pollen dans la nature…

 

Dans la ruche, les abeilles vont bientôt se tenir serrées les unes contre les autres pour former une grappe et se tenir chaud pour passer l'hiver.

Zoom sur …

Les Visites des ruches en hiver

L’ouverture des ruches en période froide n’est pas recommandée. On ne voudrait pas que les locataires des ruches ne prennent froid !  Une ouverture, même rapide de la ruche, peut mettre en péril la colonie. Les abeilles n'aiment ni le froid, ni l'humidité.

L’apiculteur préfèrera le contrôle visuel régulier des ruches, pour vérifier qu'aucun prédateur (rongeurs, oiseaux etc…) ne menace les ruches. On voit aussi à cette période de grosses pierres joncher les toits des ruches, pour éviter qu'un coup de vent ne vienne les faire tomber.

Quant aux frelons asiatiques, ils sont toujours actifs en novembre. Ils peuvent rentrer dans les ruches et décimer la colonie toute entière. Des grilles spéciales trop étroites pour le frelon lui bloqueront l'entrée.

 

De son côté, l'apiculteur …

Durant cette période les interventions de l'apiculteur sur les ruches sont limitées. Il en profite pour empoter le miel extrait il y a quelques semaines à peine et qui fera le bonheur des parrains et clients. Il peut aussi se consacrer à la commercialisation de son miel à la Miellerie ou sur les marchés ainsi qu'à l'entretien du matériel pour la saison suivante. C'est aussi l'occasion de débroussailler les ruchers ou de préparer de nouveaux emplacements pour l'année à venir.

Le Saviez – vous ?

Le climat environnant le rucher est très important, particulièrement en période de froid. Une intervention au rucher ne pourra se faire que par temps ensoleillé, avec une température supérieure à 15°C, et en l'absence de vent.